Yencil le Stratège : un plongeon réussi dans un univers complexe

Auteur: Jean-Marc Dopffer

Auto-Edition

Genre : Fantasy

Publié en 2020

Lecture Agréable

Yencil, le Dieu de la Guerre, veille sur les peuples foisonnant à la surface de Barcil. Son œil diaphane scrute du plus profond des âges le destin des mortels. Sa volition façonne leur destin ; ses Bainges font régner sa loi sur le monde. Son obsession, conserver l’Équilibre entre les morts et les vivants. Mais la quiétude des royaumes vacille. Essaimés à travers le continent, les conflits secouant les peuples menacent l’Équilibre. L’harmonie rompue, ce sera l’avènement d’une nouvelle ère de chaos.

Alors, du fond de son domaine, Yencil scrute le parcours du Nain Ikor. Ce dernier, un valeureux émissaire aux qualités incontestables de baroudeur, a été lancé par son roi sur les traces de Linn, son confrère et prestigieux membre de la Phalange des Cinq. Disparu en quête de formidables rubis enfouis dans l’antre d’un dragon, Linn n’a plus donné de signe de vie depuis des lunes.

Chaperonné par la Bainge Orglin, le parcours d’Ikor le pousse à traverser les paysages millénaires de la sylve des Elfes et du désert graniteux des Nains.

Cependant les vices des mortels sont un puits sans fond. Et faire main basse sur le trésor hante bien des esprits. Malgré leur alliance historique, Elfes et Nains rivalisent, envenimant chaque jour un peu plus la situation. Cupidité et orgueil, arrogance et ambition font trembler l’alliance. La guerre et ses calamités sont proches.

Ikor saura-t-il éteindre l’hostilité entre les deux peuples ?
Yencil parviendra-t-il à conserver l’harmonie du monde ?

Bon. Après une déception, il est toujours difficile de se replonger dans la lecture (en tout cas pour moi). Surtout qu’en plus de tout ça, à la fin de la semaine, je passe mon concours pour le CELSA. Cette critique sera donc (probablement) la dernière avant samedi, afin que je me concentre sur les révisions. Il fallait donc bien la choisir et surtout être sûre de ne pas être une nouvelle fois déçue. Quoi de mieux qu’une petite nouvelle pour se détendre avant les révisions d’un examen ? Qui plus est, une nouvelle de fantasy ! J’avais plutôt hâte de découvrir cet univers, sachant que jusqu’ici, toutes mes lectures sur Simplement Pro avait été des coups de cœurs ou de très, très bonnes lectures.

« Une fumée sombre dévora l’épée d’Orglin. »

On commence le roman par une bataille, ou fin de bataille. Il y a diverses espèces, des noms d’armes mais aussi des prénoms de personnages assez atypique et assez commun pour de la Fantasy (dans le sens où les noms des héros sont toujours plutôt originaux). On est donc plongé in medias res dans le récit, avec même des termes que je ne connaissais pas (et que je suis allée chercher) comme « La Bainge » et des mentions de missives, de roi et de mission secrète qui pique notre curiosité et nous donne forcément envie de continuer à nous plonger dans les roches d’Oukta. Je dois dire que le premier personnage que nous rencontrons est Ikor et c’est probablement l’un des personnages les plus logiques qu’il m’ait été donné de voir dans un roman de Fantasy. Il se pose des questions que peu de héros se pose, si vous voulez. Et puis il est plutôt monstrueux, dans le sens où même blessé et à moitié mort il parvient à terrasser une demi-douzaine d’ennemis tout seul. J’ai toujours eu du respect pour les Nains, mais je dois avouer que maintenant, j’ai presque envie de leur vouer un culte.

Suite à ça, nous faisons la rencontre de Yencil (que je pensais être l’unique héros, vu le titre du roman). Et c’est là que la nouvelle commence à s’épaissir un petit peu plus. Au départ, on entre directement à la fin d’une guerre, ou d’une bataille en tout cas, mais comme nous n’avons pas de contexte, impossible de savoir si c’est une question de territoire ou si c’est un groupe de rebelles qui attaquent. Avec l’arrivée de Yencil, j’ai eu l’impression de « sortir » de la nouvelle dans le sens où ce personnage permet de nous donner une vision d’ensemble, une sorte de point de vue omniscient sur la situation. Il voit tout, il sait tout, il observe tout. Il tire les ficelles, en quelque sorte. Et du coup, ça rend l’histoire d’autant plus intéressante car on a deux intrigues à la fois totalement emmêlée et détachée (l’une est celle d’un Dieu voulant maintenir l’Harmonie, l’autre est celle d’un Nain voulant la paix).

Yencil est un personnage intriguant. Il est présenté comme Dieu de la Guerre mais semble également avoir le contrôle, comme les Parques, sur le destin des humains et sur le moment où leurs vies doivent prendre fin, le chien/loup d’Hadès, l’éclair de Zeus ET il a l’armée de guerrières entièrement féminines d’Artémis. Un vrai package. Du coup, je ne savais pas trop s’il y a d’autres Dieux au-dessus de lui ou s’il est justement le chef et que d’autres Dieux cherchent à le renverser en brisant l’Harmonie. Mais, il a Orglin de son côté (forcément, c’est l’une de ses guerrières) et donc forcément il a une certaine classe. Il faut dire que la jeune femme est présentée comme « La Danseuse du Ciel » depuis le départ, ce qui confère tout de suite une certaine prestance à la demoiselle. Et elle est également le lien direct entre Yencil et Ikor, donc l’un des personnages les plus importants du récit, finalement.

« La voix était mélodieuse malgré son impériosité.« 

La nouvelle est courte (duh), ce qui empêche donc de vraiment étendre les scènes et mettre des descriptions qui les rendraient encore plus épique. Les personnages n’ont pas besoin de plus de background pour creuser leurs relations, parce que les titres qu’ils possèdent le font pour eux, donc je n’ai pas à me plaindre de ça. Au final, je crois que c’est ça qui m’a un peu frustrée à la fin de ma lecture : j’en voulais plus. Je voulais plus de description d’énormes batailles, avec des détails sur les armes, les gravures, peut-être même des languages spécifiques à chaque race. Il me manquait un peu d’épique dû au format du récit. Je sais qu’au final, il me reste encore neuf nouvelles ET un roman à découvrir dans cet univers, donc je pense que je ne manquerais aucunement d’épique au final, mais je suis une lectrice facilement frustrée. Mais c’est une bonne chose, puisque ma frustration prouve que j’ai suffisamment aimé l’histoire pour en vouloir plus. Donc un grand bravo à cet auteur pour ce récit et je le remercie chaudement de m’avoir permis de découvrir sa nouvelle et son univers.

PS : Un tout petit PS probablement plus dû à ma liseuse, mais on ne sait jamais… Certains passages du texte sont en gris et non en noir.

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