Esprit, magie et neuf queues : le Kitsune/Gumiho

En créant le blog, j’avais deux noms en tête : « Tigris Leonum » (aka l’Antre du Tigre ») ou « Foxum » (qui ne veut absolument rien dire, mais il y a le mot « fox » qui veut dire « renard » en anglais et c’est ce qu’il faut retenir ici). Depuis mon enfance, j’ai toujours été en admiration devant le tigre blanc, puis les tigres en général et j’ai toujours considéré cet animal comme étant mon animal totem. En grandissant en revanche, je me suis plongée dans les mythes, les légendes et les folklores de pays divers et je suis tombée sur la légende des Kistune/Gumiho/Yokai. Et petit à petit, j’ai été fascinée par les fameux renards à neuf queues. Forcément, lorsque je me suis rendue compte que j’allais lire un roman sur le sujet, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite pour écrire un article sur cette légende et vous partager mon amour des renards… Let’s go !

Le terme kitsune signifie littéralement renard. Il s’agit d’un Yokai, esprit magique doté de puissants pouvoirs. Le kitsune est aussi une créature polymorphe, ayant la capacité de changer de forme et prenant souvent une apparence humaine. Dans le folklore japonais, le kitsune, lorsqu’il est considéré comme bienveillant, est souvent associé à la divinité du riz Inari. Il joue alors le rôle de messager, serviteur et peut aussi apporter la chance avec lui. Il semblerait que le mythe du kitsune ait été introduit au Japon à partir de légendes chinoises et coréennes. En effet, d’anciens contes populaires chinois décrivent le Huli Jing, esprit renard semblable au kitsune et possédant lui aussi jusqu’à neuf queues (chiffre symbolique en Chine). Une autre légende voudrait que l’origine du kitsune provienne d’Inde et serait associée au Rakshaka indien, en raison des caractéristiques d’illusionnisme communes aux deux créatures ainsi que leur nature farceuse. Un bon nombres de ces histoires anciennes ayant perduré jusqu’à présent, ont été regroupées dans le Konjaku Monogatari, recueil de récits chinois, indiens et japonais datant du 11ème siècle.

L’étymologie exacte du terme « kitsune » est très ancienne et reste pour le moins inconnue. Plusieurs hypothèses se sont succédé pour essayer d’expliquer l’origine de cette appellation. Une des significations se base sur une vieille légende. En effet, cette histoire raconte qu’un renard ayant pris la forme d’une femme épousa un humain et ils fondèrent une famille. Cependant, l’identité de cette dernière fut un jour révélée et elle décida de quitter sa maison mais son mari lui fit savoir qu’elle serait toujours la bienvenue. Elle revint alors chaque soir se coucher auprès de son celui-ci sous sa forme humaine et repartait au levé du jour sous sa forme de renard. Depuis lors, la jeune renarde fut appelée « Kitsune » car il s’avère que dans le japonais traditionnel, « Kitsu-ne » signifie « revient et dors » et « Ki-tsune » veut dire « revient toujours« .

La seule caractéristique morphologique pouvant différencier le kitsune d’un renard normal, est le nombre de queues qu’il possède. En effet, il est dit qu’un renard ayant atteint un âge avancé (cent ans selon certaines légendes), se voit doté d’une queue supplémentaire ainsi que de pouvoirs magiques et ce nombre atteint neuf au bout de milles ans. Lorsqu’il est assez puissant, un kitsune peut prendre une forme humaine et plus particulièrement celle d’une jolie jeune femme. Ce changement d’aspect peut se faire de trois manières différentes : la métamorphose, l’attachement de l’esprit à celui d’un fœtus ou encore la possession et dans ce cas on désigne par Kitsunetsuki, l’état d’une personne possédée par un renard. Bien évidement, cette transformation ne se limite pas à l’apparence d’un humain et le kitsune peut se transformer en toute chose se trouvant dans la nature.


Le kitsune est doté d’une incroyable intelligence. Il est rusé, malicieux et aime jouer des tours, surtout aux hommes en les séduisant et les trompant ensuite. Toutefois, ces farces ne sont généralement pas veines et ont pour but de faire prendre conscience à l’homme de ses faiblesses. Le kitsune peut aussi contrôler l’esprit de sa cible et la désorienter en créant des illusions difficilement identifiable de la réalité. Les kitsune sont également liés aux treize éléments (Vent, Terre, Feu, Rivières, Cieux, Tonnerre, Montagnes, Vide, Esprits, Temps, Forêts, Océan, et Musique). Bien que la liaison inclue l’ensemble de ces éléments, chaque kitsune présente une affinité particulière avec l’un d’eux, duquel il puise son pouvoir et qui influe entre autres sur son caractère. De nature émotive, le kitsune se laisse emporter par ses sentiments et perd son calme à la moindre provocation. Rancunier, il n’hésite pas à se venger lorsqu’un tord lui est causé. A l’inverse, il se montre très loyal envers ceux qui gagnent sa confiance. Un kitsune tiendra toujours ses promesses et veillera à respecter sa parole d’honneur.

Certaines sources semblent classer les kitsune en treize types où chacun d’eux serait en rapport avec les treize éléments. Toutefois, on retient essentiellement deux grandes catégories :

– Les Myobu : appelés aussi célestes ou hauts kitsune. Il s’agit de kitsune bienveillants servant la déesse Inari. Ils sont de bon augure et considérés comme la première classe de kitsune supérieurs, liés à l’élément des cieux.
– Les Nogitsune : appelés également kitsune sombres. Il ne sont pas associés à Inari et représentent la seconde classe de Kitsune supérieurs de part leur liaison à l’élément du vide. Ce sont des kitsune malveillants, malicieux et prompts à jouer des mauvais tours [le terme a été un peu popularisé grâce à la série Teen Wolf, d’ailleurs].

D’autres légendes locales décrivent une catégorie supplémentaire de kitsune, à savoir les kistune sauvages ou inférieurs. Ils sont associés aux éléments classiques mais seulement deux types semblent être mauvais :

– Le Kuko : connu aussi comme le kitsune de l’air. Il apparait sous forme de vent et peut faire apparaitre de la brume ou du brouillard.
– Le Kiko ou Kuryo : appelées également kitsune fantômes ou démons renards.

Articles recommandés

2 commentaire

  1. C’est une belle légende !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :