La Forêt de la Légende : Brocéliande

Brocéliande est une forêt mythique citée dans plusieurs textes, liés pour la plupart à la légende arthurienne. Ces textes, datés du Moyen Âge pour les plus anciens, y mettent en scène Merlin, les fées Morgane et Viviane, ainsi que certains chevaliers de la table ronde. D’après ces récits, la forêt de Brocéliande héberge le Val sans retour, où Morgane piège les hommes infidèles jusqu’à être déjouée par Lancelot du lac ; et la fontaine de Barenton, réputée pour faire pleuvoir. Brocéliande serait aussi le lieu de la retraite, de l’emprisonnement ou de la mort de Merlin. Brocéliande est synonyme  d’imaginaire, de féerie et de légendes. Miroir au fées, rocher des faux-amants, tombeau de Merlin, jardin aux moines, fontaine de Barenton, hôtié de Viviane, tombeau du géant… disséminé aux quatre coins de la forêt, tous ces sites légendaires sont porteurs d’histoires et relatent les grandes aventures de la légende arthurienne.

Parmi tous les lieux légendaires que compte le folklore celte, la forêt de Brocéliande a toujours su conserver son aura mystérieuse qui entoure également son nom. Sa première apparition dans la littérature intervient au XIIème siècle dans le Roman de Rou de l’anglo-normand Wace. À l’époque, il rapporte les propos de chevaliers bretons citant la forêt de Bréchéliant où Brec’h signifierait “la colline” suivi du prénom Sulien. Plusieurs années après Wace, lorsque le poète Chrétien de Troyes écrivit les fameuses aventures arthuriennes, fondant au passage le roman de chevalerie, il aurait francisé le nom en “Brécilien” qui devint, au fil des siècles “Brocéliande”.

Au ve siècle apr. J.-C., en Bretagne (de l’autre côté de la Manche), les Barbares, en l’occurrence Saxons, Scots ou Angles, disputent aux peuples plus ou moins romanisés leurs pouvoir et possessions. Parmi les plus valeureux de ces résistants se distingue un certain Artus, seigneur de Camelot, près de Londres, entouré de preux chevaliers réunis dans la confrérie de la Table ronde. Leur but est de défendre coûte que coûte leurs possessions. D’épiques combats, alimentés par la tradition orale, se transforment aux siècles suivants en récits légendaires qui associent à leur résistance la conquête du Graal. Engagé aux côtés de Guillaume le conquérant dans la bataille d’Hastings (14 octobre 1066), Raoul II de Montfort, seigneur de Gaël, entend ces récits guerriers. De retour sur ces terres de Paimpont, le chevalier s’en fait largement l’écho dans les soirs de veillée, racontant à l’envi des récits embellis. Ces péripéties guerrières se diffusent bientôt d’un côté à l’autre de la Manche, jusqu’à inspirer la littérature médiévale

LE ROI ARTHUR ET LA FORÊT DE BROCÉLIANDE

A une période que les mythologues situent au Vème siècle, le royaume de Bretagne est déchiré entre les nombreux prétendants au trône. Face à ce chaos, le magicien Merlin intervient pour remettre de l’ordre. La magie opère la veille de Noël. Au lever du jour, la population découvre une épée plantée dans un rocher proche de la forêt Brocéliande. Sur la lame est écrit que le prochain roi de Bretagne sera celui qui parviendra à retirer cette épée de son socle. Les barons puis les chevaliers essayèrent chacun leur tour mais en vain. Seul le jeune Arthur parvint à élever l’épée et devint alors le valeureux gardien d’Excalibur. Cette épée magique a la particularité d’être incassable, de trancher l’impossible tout en protégeant des blessures. Quand Arthur vint à mourir, l’épée fut donnée à la Dame du lac.
Aujourd’hui encore, de nombreux et valeureux “chevaliers” tentent leur chance pour espérer rentrer dans la légende.

MERLIN L’ENCHANTEUR

Merlin a joué un rôle prépondérant dans la vie du roi, et ce avant même que ce dernier ne vienne au monde. Le magicien a été de précieux conseils auprès du père d’Arthur, Uther Pendragon, dans le but de conquérir le coeur d’Ygraine de Cornouailles. Tout au long de son parcours, Arthur est guidé par Merlin l’enchanteur. Les pouvoirs magiques du magicien en surprennent plus d’un : contrôle des éléments naturels, capacités à parler aux animaux, visions du passé et du futur… Autant de raisons l’ont poussé à disparaître dans la forêt, à l’abri des représailles. Le tombeau de Merlin est un incontournable à voir lors d’une balade à Brocéliande. Les huit supports, encore visibles au XIXe siècle, furent détruits par le propriétaire du terrain. Seules restèrent en places les deux pierres que l’on voit aujourd’hui. La légende raconte que la fée Viviane, éperdument amoureuse de Merlin, a enfermé son maître dans un tombeau afin de le garder près d’elle.

A quelques mètres du tombeau de Merlin se trouve la fontaine de Jouvence, source dont l’eau possède de mystérieuses propriétés de guérison et… de rajeunissement ! Il est probable que cet endroit fut un lieu druidique où venaient se faire “baptiser” (le terme est volontairement anachronique) les nouveaux nés de l’année. Selon Félix Bellamy, auteur de “La Forêt de Brocéliande”, au solstice d’été, tous les nourrissons des alentours venus au monde au cours de l’année passée étaient ainsi recensés et inscrit dans le marith ou registre. Ceux nés après le 21 juin devaient attendre le prochain solstice et leur bain de minuit. Ils rajeunissaient donc en naissant une nouvelle fois.

LES CRÉATURES DE LA FORÊT

La forêt grouille de fées, korrigans et autres lutins que seuls verront ceux qui prendront le temps de se laisser guider par la magie de ces bois. Ces êtres merveilleux reflètent parfaitement la période où christianisme et paganisme cohabitaient encore, jusqu’à l’ascendant définitif du clergé sur tout autre forme de culte au cours de l’Histoire de l’Occident. Si les korrigans se distinguent par leur facétie et leur appartenance au petit peuple, les fées, elles, s’apparentent bien plus aux nymphes grecques, maîtrisant les forces de la Nature et interférant dans les affaires des humains. Les deux fées les plus connues du folklore arthurien et, par extension, breton, sont Morgane et Viviane.

Sources : Bretagne.com / Wikipédia

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