Le syndrôme de Peter Pan rééxpliqué : l’Enfant-Pan

Auteur : Arnaud Druelle
Editeur : Gulf Stream
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 231

Résumé : Londres, 1881. Après son passage devant le juge, le jeune Peter Hawkson est placé à L’Oiseau Blanc, école privée pour garçons. Malgré toute la bonne volonté du directeur, Peter ne se sent pas à sa place. Injustement accusé d’avoir incendié l’infirmerie, il décide de fuir. Deux étranges petites fées surgissent et le convainquent de rejoindre un mystérieux Egon au Pays-de-Nulle-Part. Sur cette île, tout est possible : avec son nouvel ami, Peter apprend à voler grâce à de la poussière d’étoile, nage avec des néréides dans des lagunes turquoise et sillonne la montagne à dos de centaure. Pourtant, l’équilibre de ce monde merveilleux ne tient qu’à un fil… que le terrible capitaine du Jolly Roger n’hésitera pas à trancher de son sabre. Le pirate n’a qu’une obsession : faire couler le sang du Pan.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours apprécié le personnage de Peter Pan. Bien que la version de Disney présente un personnage (plus ou moins) sympathique (si on oublie ses très nombreux oublis qui ont failli coûter la vie à Wendy, quand même). Un garçon qui ne veut pas grandir et qui s’est entouré d’autres enfants qui ont plus ou moins le même but, sur une petite île tranquille, avec une fée…un poil dangeureuse, quand même et où le seul danger est un pirate à l’équipage ridicule. Mais dans les faits, Peter Pan est, selon les premiers contes, un meurtrier qui tue les enfants quand ils grandissent trop ! Et le roman « L’Enfant Pan » est une nouvelle version de ce conte, qui compte déjà un certain nombre de réécriture. Je pense que celle-ci reste ma favorite.

Attention cependant, le roman traite de sujets sensibles (tel que le viol).

On commence notre histoire à Londres donc, où nous faisons la rencontre de Peter Hawkson lors de son arrivé au pensionnat pour garçon l’Oiseau Blanc. C’est un jeune garçon tout à fait charmant, qui semble nourrir une véritable haine envers les adultes (sans qu’on ne sache pourquoi, au départ). A chaque mention de « grandir » ou de « devenir adulte », Peter s’énerve et se renfrogne, nous faisant comprendre qu’il se cache quelque chose derrière cette façade. Autour de lui, nous découvrons d’autres profils d’enfant : un dont le grand frère a été mis en prison pour meurtre, trois qui vont le prendre en grippe et encore bien d’autres plus ou moins amicaux. Au départ et pour les cent premiers pages, nous suivons simplement la vie de Peter dans ce pensionnat, le regardant essayer de s’intégrer et de respecter les règles, jusqu’au jour où un incendie se déclare dans l’infirmerie et que toutes les preuves accusent Peter. C’est à ce moment que l’histoire bascule. Grâce à deux sylphes, rencontrées un peu plus tôt, Peter s’envole en direction du Pays-de-Nulle-Part, où il fera la rencontre du mystérieux Egon.

J’ai trouvé la backstory (les origines) de Peter assez trash par moment. Comme je vous prévenais dans l’intro’, on découvre à un moment donné qu’il s’est visiblement fait violer par un adulte, expliquant son dégoût pour l’entièreté de la catégorie (quand je pense que ce Peter me prendrait en grippe parce que j’ai plus de vingt ans… Noooon). Dans l’idée, ce Peter se rapproche déjà plus de l’origine très sombre et violente du Peter Pan d’origine et est donc bien loin du petit bonhomme vert au chapeau à plume du Disney. Le personnage de Peter en lui-même est extrêmement intéressant à mon sens. Une partie de moi a pu s’identifier assez rapidement à cet enfant blessé et toujours rejeté, qui cherche simplement à vivre des aventures en paix. Un autre personnage qui m’a plu est Jane Crown, aka « Capitaine Crochet(te) ». Surprise surprise, le vilain pirate de l’histoire n’est autre qu’une vilaine pirate ! Je dois dire que ça m’a fait sourire et j’ai été plutôt contente de ce changement (deux des plus grand pirate de l’Histoire était quand même des femmes, Anne Bonny & Mary Read !). Et pareil, son histoire est magnifiquement tragique (tout comme sa relation avec Egon).

L’histoire des pirates est expliquée, ce qui, dans mes souvenirs, n’était pas le cas du conte original (j’ai peut-être tort). Je ne m’attendais pas du tout à cette histoire, ni à ce lien avec Egon, ce qui rend le personnage de l’Enfant-Pan encore plus triste. C’est cependant à la fin du roman qu’on comprend exactement où l’auteur voulait nous mener et je dois avouer que c’est brillant. On assiste à l’avènement de Peter Pan ainsi qu’à la création de Mouche et du Capitaine Crochet. Les deux questions que je me suis posée à la fin ont été : qui est censé être John Jarvis ? Et pour Angela, est-ce que c’est l’équivalent de Wendy, ou est-ce sa mère ? Ou grand-mère ? BREF. Si vous n’avez pas encore lu l’Enfant-Pan, vous ratez quelque chose !

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8 commentaire

  1. Hello,
    Merci beaucoup pour cette présentation.
    En tout cas ce livre là me parle vraiment, il a l’air mais à alors… méga intéressant.
    Peter Pan est un personnage très complexe, pour moi il n’a jamais été si « gentil » que ça haha
    Bonne journée.

    1. Absolument ! Si tu as l’occasion de le lire, je serais ravie d’avoir ton retour !

  2. Je n’ai jamais aimé Peter Pan, mais cette version pourrait me réconcilier avec le personnage ! Merci pour la découverte.

  3. Les tests de Stéphanie

    Oh sa me tente ben a découvrir

  4. J’aime beaucoup Peter Pan ! Ça a l’air pas mal !

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