Rouages, vapeur et technologies : Le Steampunk

Depuis que j’ai lancé ce blog, je vous ai assez rarement parlé de GENRES littéraires. On parle de livres, on parle de maisons d’éditions, on parle de Bookstagram et de plein de choses autour de ça, mais jamais de genres littéraires. Je ne sais pas vraiment pourquoi, d’ailleurs. Je suis partie du principe que vous les connaissiez et qu’il n’y avait rien de plus à ajouter. Et puis, il y a quelques semaines, la maison d’édition « Crin de Chimère » a lancé une campagne Ulule pour son prochain roman et il se trouve que c’est un roman de Steampunk. Et en discutant avec certaines amies, je me suis rendue compte qu’on avait pas toutes la même idée de ce que c’était, le steampunk. Alors je vais vous expliquer !

Le steampunk est un courant essentiellement littéraire dont les intrigues se déroulent dans un xixe siècle dominé par la première révolution industrielle du charbon et de la vapeur (steam en anglais). Il s’agit d’une uchronie faisant référence à l’utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l’époque victorienne. On y retrouve l’utilisation de matériaux tels que le cuivre, le laiton, le bois et le cuir. L’expression steampunk, qui signifie littéralement « punk à vapeur », parfois traduite par « futur à vapeur », est un terme inventé pour qualifier un genre de littérature né à la fin du xxe siècle (même si des origines peuvent être trouvées dans des récits de Jules Verne), dont l’action se déroule dans l’atmosphère de la société industrielle du xixe siècle. Le terme a été forgé à la fin des années 1980 en référence au cyberpunk (terme apparu en 1984).

Sous-genre de la SF, les œuvres steampunks relèvent aussi de l’aventure et du roman policier – voire du western comme Wild Wild West. Pour les distinguer du récit où interviennent des éléments relevant du fantastique, les critiques utilisent le terme de gaslamp fantasy, genre dans lequel s’illustrent notamment Anne Rice et le Français Fabrice Bourland. Le steampunk recoupe fréquemment d’autres genres référentiels de la SF comme le voyage temporel, l’uchronie (décalage temporel et histoire alternative) et les univers parallèles. Cet aspect uchronique canonique a valu aux œuvres de SF steampunk les labels de « chroniques du futur antérieur » ou de « rétrofutur » chez les fans du genre.

Une des principales différences entre le steampunk et la science-fiction des auteurs d’anticipation du xixe siècle comme Albert Robida — qualifiée de proto-steampunk par les puristes — réside dans la présence d’éléments anachroniques plus tardifs comme les ordinateurs ou les manipulations génétiques qui n’existaient évidemment pas à l’époque. Pour en revenir au steampunk, le terme a gagné au fil du temps de plus en plus d’importance, jusqu’à devenir un genre à part entière, qui gagne de plus en plus d’adeptes. Comme dans tous les genres commençant à prendre de l’importance, certains lecteurs auraient tendance à estampiller « steampunk » des livres écrits avant l’invention du terme et ayant le même type d’univers.

Si tout le monde ne connaît pas encore le mot « steampunk », la majorité des personnes en reconnaît l’univers et son esthétique particulière. Cette esthétique représente un XIXe siècle fantasmé, particulièrement présent dans l’imaginaire collectif. Le steampunk revoit l’imagerie d’une époque et, par une évocation, du passé arrive à en faire revivre l’ambiance de manière exagérée. C’est pour cette raison que lorsqu’on découvre pour la première fois un univers steampunk, nous avons déjà des idées préconçues et nous n’avons pas de mal à concevoir la logique de ce monde, tout en restant dépaysés par la technologie. Il s’agit bien d’une esthétique rétro-futuriste. De plus, contrairement à la science-fiction, le steampunk n’a pas besoin d’expliquer parfaitement la technologie utilisée pour faire rêver le lecteur. Elle contient souvent une part de mystère, à l’instar des inventions de Jules Verne.

Le steampunk a depuis longtemps dépassé les barrières de la littérature pour toucher d’autres supports comme la bande dessiné, les mangas, les films, mais aussi les jeux. C’est un genre particulièrement visuel qui introduit dans le récit une esthétique particulière : des rouages, des machines à vapeur, un mélange d’époque et de technologie. Le graphisme singulier ne manque pas d’inspirer dessinateurs et réalisateurs, que ces œuvres soient considérées comme steampunk ou proto-steampunk.

Si le genre « Steampunk » vous intéresse, découvrez « Les Loups de Prusse » de E. Cazenave

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4 commentaire

  1. Lestestsdestephanie

    Oh très intéressant ton article miss

  2. Coucou,

    Je n’ai jamais lu ce genre de livre mais pourquoi pas !

    Merci pour ton article 🙂

    Bise

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